Réforme des retraites : les 3 alternatives que le gouvernement refuse catégoriquementIllustration Istock
La réforme des retraites actuellement portée par le gouvernement d'Emmanuel Macron suscite un vif rejet de la part des Français. Face à la contestation, l'exécutif reste de marbre et campe sur ses positions. Pourtant, d'autres alternatives à cette réforme existent. Zoom sur ces possibilités que le gouvernement refuse catégoriquement d'envisager.
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C’est un fait établi : les Français refusent la réforme des retraites souhaitée par Emmanuel Macrondepuis son premier quinquennat. Alors que l’exécutif ferme, pour le moment, la porte à toutes négociations, la mobilisation sociale enfle et les manifestations se préparent aux quatre coins de l’Hexagone. Dans ce brouhaha de débats, des alternatives auraient toutefois pu rassembler les deux camps ou les diviser encore plus pour une réforme des retraites différente. Si le gouvernement s’y oppose fermement, quelques options étaient sur la table ces derniers mois. Tour d’horizon de ces propositions rejetées par l’exécutif.

Réforme des retraites : une mise à contribution des retraités

C’est un point de bascule que le gouvernement a refusé d’envisager : la mise à contribution des retraités n’a pas été retenue par l’exécutif. Comme le disait Elisabeth Borne dans Le Parisien en décembre : « il est exclu de baisser le montant des retraites ». François Bayrou avait surenchéri, dans Les Échos, en assurant que « cibler certains retraités [reviendrait à] déstabiliser le contrat social ».

Dans une interview donnée au Huffpost, l’économiste français, spécialiste des conjonctures économiques, Vincent Touzé pensait toutefois qu’il serait possible « de rogner sur les retraites en utilisant la CSG [notamment pour] la majorer pour ceux qui ont les plus grosses pensions ». Quelles conséquences dans ce cas précis ? Le financement d’une partie des retraites, ainsi qu’une autre manière de combler le déficit de la sécurité sociale.

Réforme des retraites : une augmentation des cotisations salariales et patronales

Toujours dans Les Échos, François Bayrou évoquait la possibilité d’une légère augmentation des cotisations patronales, d’un point. Avec cette hausse de 0,7% de la masse salariale, il imaginait une contribution accrue pour les retraites. Elisabeth Borne a, cette fois encore, rejeté cette option en plaçant sa priorité autour du plein-emploi

D’après ses calculs, un alourdissement des cotisations pourrait aboutir à 150 000 ou 200 000 postes supprimés, comme l’a souligné, lui aussi, Gabriel Attal dans Le Parisien. Le syndicat CFTC souhaitait, pour sa part, augmenter de 0,8% la cotisation retraite afin de récolter 10 milliards d’euros. Dans une période d’inflation galopante, l’exécutif a préféré écarter cette option pour ne pas ajouter du poids supplémentaire sur les actifs.

Réforme des retraites : une taxe pour les plus riches ?

Enfin, et c’est l’un des grands débats de cette réforme, l’exécutif n’a pas souhaité imposer une taxe aux plus riches. Proposés par la Nupes et notamment le directeur du PS, Olivier Faure, le rétablissement de l’impôt sur la fortune immobilière (ISF), mais aussi l’instauration d’une taxe sur les superprofits ou encore l’abolition de la flat tax ne font pas partie de la stratégie du gouvernement.

Comme l’a souligné la députée insoumise Manon Aubry, « une taxe de seulement 2% sur les milliardaires effacerait totalement le déficit (temporaire) du système de retraites que le gouvernement juge soi-disant incontrôlable ». Alors, quels seront les points de négociations possibles pour l’exécutif lors de la présentation du texte ? Le mystère reste entier.